Doit-on changer de posture lorsqu’on change de poste ? Faut-il porter le masque de son nouveau rôle ? Ces questions fondamentales ont été abordées lors du HR Evolution Summit organisé par HUMAKINA.
Jessica Rabut, CEO de Lombard Odier Luxembourg, a brillamment défendu la cause de l’authenticité. Intervenante sur le panel consacré à la fonction RH à l’ère post-hiérarchique, modéré par Gérard Sinnes de VISTIM, Mme Rabut a raconté son parcours de DRH à CEO et les challenges qu’elle a rencontrés.
Elle a notamment évoqué la difficulté de convaincre de sa légitimité au poste de CEO, ne venant pas du métier de la banque privée mais de celui des RH, ainsi que sa décision de ne pas faire semblant de tout maîtriser mieux que tout le monde.
Elle a expliqué que, pour convaincre, elle a un temps pensé qu’il lui fallait créer une armure, porter le masque du leader fort et autoritaire — l’image qu’elle pensait devoir projeter pour gagner en crédibilité et correspondre à celle que le monde se fait d’un CEO.
Elle a ensuite avoué qu’essayer de correspondre à une image qui ne nous ressemble pas est épuisant et sonne faux. Ses réflexions, aiguillées par le feedback reçu d’un de ses collaborateurs et par son invitation à travailler son charisme, l’ont amenée à réaliser qu’elle faisait fausse route. Qu’elle était parfaitement légitime dans ce rôle, avec son identité de femme, sa personnalité chaleureuse, et que son parcours en RH constituait une véritable force. Il lui fallait arrêter de copier des modèles stéréotypés.
Elle a alors relevé le défi de l’authenticité. Elle a enlevé son masque et communiqué clairement sur sa manière de travailler, sur ses besoins et sur ce sur quoi son équipe pouvait compter la concernant. Cet alignement lui a donné l’énergie de se consacrer aux vraies priorités. Les résultats ont été rapides : 2025 a été la meilleure année de l’histoire de Lombard Odier en matière de résultats.
Nous sommes nombreuses à avoir revêtu un masque en prenant des fonctions de direction, pensant qu’il fallait gommer notre côté féminin, vulnérable ou soft pour être crédible. Pensant qu’il n’existait qu’un seul profil de dirigeant.
Ôter ce masque et oser être pleinement soi-même demande du courage : celui qui arrive avec le temps, avec l’expérience, avec la pleine acceptation de soi.
L’audience, composée en majorité de femmes travaillant dans les RH, ne s’y est pas trompée. Beaucoup se sont reconnues dans le parcours de Mme Rabut et dans cette tentation de porter un masque pour se conformer à l’image attendue d’un dirigeant. Son témoignage a profondément résonné dans la salle, comme l’écho d’une expérience partagée par de nombreuses femmes leaders.
Ôtons le masque plus tôt. Osons être nous-mêmes. Reconnaissons nos forces et notre parfaite légitimité aux postes les plus élevés.
Merci de nous montrer la voie, Madame Rabut.
Article écrit par Virginie Boyard



